ر — ج — مRāʾ — Jīm — Mīm · R-J-M« Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) donne pour cette racine un sens originel unique : lancer, jeter des objets — et par extension : repousser, chasser. »
ٱلشَّيْطَـٰنِ ٱلرَّجِيمِ — al-Shayṭāni r-rajīm« Le Shayṭān, le maudit / le chassé / le lapidé » —Versets : 3:36 · 15:17 · 15:34 · 16:98 · 38:77 · 81:25.Rajīm est un adjectif verbal passif : « celui qui est l'objet du rajm ».Dans ces six occurrences, le Coran désigne l'état permanent de Shayṭān : rejeté, exclu avec opprobre de la présence d'Allaah.Ce rajm n'est pas une mort — c'est un bannissement.
Sūra 67 · Al-Mulk · v. 5 — rujūmوَلَقَدْ زَيَّنَّا ٱلسَّمَآءَ ٱلدُّنْيَا بِمَصَٰبِيحَ وَجَعَلْنَٰهَا رُجُومًۭا لِّلشَّيَٰطِينِWa-laqad zayyannā s-samāʾa d-dunyā bi-maṣābīḥa wa-jaʿalnāhā rujūman li-sh-shayāṭīn.« Nous avons orné le ciel d'ici-bas de lampes, et Nous les avons faites projectiles contre les Shayāṭīn. » —Rujūm (pluriel de rajm) désigne les étoiles comme projectiles pour éloigner les Shayāṭīn aucun contexte légal ni punitif humain.
Sūra 4 · An-Nisāʾ · verset 25Texte arabe : فَإِذَآ أُحْصِنَّ فَإِنْ أَتَيْنَ بِفَٰحِشَةٍۢ فَعَلَيْهِنَّ نِصْفُ مَا عَلَى ٱلْمُحْصَنَٰتِ مِنَ ٱلْعَذَابِTranslittération : Fa-idhā uḥṣinna fa-in atayna bi-fāḥishatin fa-ʿalayhinna niṣfu mā ʿalā l-muḥṣanāti mina l-ʿadhāb.نِصْفُ مَا عَلَى ٱلْمُحْصَنَٰتِ مِنَ ٱلْعَذَابِ / niṣfu mā ʿalā l-muḥṣanāti mina l-ʿadhāb« Lorsqu'elles sont mariées, si elles commettent la fāḥisha, leur peine est la moitié de la peine des femmes préservées. » (niṣfu mā ʿalā l-muḥṣanāti mina l-ʿadhāb)Contexte : les femmes esclaves (al-imāʾ). Leur peine est la moitié de celle des femmes libres.
Sūra 4 · An-Nisāʾ · v. 118–119 — Modifier la création d'Allaahلَّعَنَهُ ٱللَّهُ ۘ وَقَالَ لَأَتَّخِذَنَّ مِنْ عِبَادِكَ نَصِيبًۭا مَّفْرُوضًۭا وَلَأُضِلَّنَّهُمْ وَلَأُمَنِّيَنَّهُمْ وَلَءَامُرَنَّهُمْ فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ ٱللَّهِLaʿana-hu Llāhu — wa-qāla la-attakhidhanna min ʿibādika naṣīban mafruḍā — wa-la-uḍillanna-hum wa-la-umniyanna-hum wa-la-āmuranna-hum fa-la-yughayyirūnna khalqa Llāhi.Allaah l'a maudit. Et il dit : « Je prendrai assurément parmi Tes serviteurs une part déterminée — je les égarerai, je leur ferai des promesses, je leur donnerai des ordres, et ils modifieront assurément la création d'Allaah. »Yughayyirūnna khalqa Llāhi — altérer ce qu'Allaah a établi : dans les corps, dans les lois, dans les pratiques. Le projet d'Iblīs est explicitement de faire adopter aux humains ce qu'Allaah n'a pas prescrit — en le faisant paraître légitime, voire obligatoire.
Sūra 59 · Al-Ḥashr · v. 16–17 — L'abandon finalكَمَثَلِ ٱلشَّيْطَٰنِ إِذْ قَالَ لِلْإِنسَٰنِ ٱكْفُرْ فَلَمَّا كَفَرَ قَالَ إِنِّى بَرِىٓءٌۭ مِّنكَ إِنِّىٓ أَخَافُ ٱللَّهَ رَبَّ ٱلْعَٰلَمِينَKa-mathal i-sh-Shayṭāni idh qāla li-l-insāni-kfur — fa-lammā kafara qāla innī barīʾun minka — innī akhāfu Llāha Rabba l-ʿālamīn.À l'image de Shayṭān lorsqu'il dit à l'être humain : « Sois ingrat ! » Puis quand il fut ingrat, il dit : « Je me dissocie de toi — je crains Allaah, le Seigneur des mondes. »Le mécanisme complet d'Iblīs est ici : séduire, engager l'humain dans l'acte, puis l'abandonner seul à ses conséquences. Iblīs sait ce qu'il fait — il « craint Allaah ». Il cache la vérité à celui qu'il séduit.
↳ Question ouverte — non dogmatiqueSi Iblīs est celui que le texte coranique nomme ar-rajīm — celui qui a subi le rajm comme bannissement radical — et si ce même Iblīs a solennellement promis de mener les humains à modifier la création d'Allaah, d'embellir l'égarement, de faire adopter ce qu'Allaah n'a pas prescrit :La pratique de la lapidation entre humains — absente de toute prescription d'Allaah dans le Coran, mais présentée dans certaines traditions comme un commandement d'Allaah — ne porterait-elle pas la signature de celui qui a lui-même subi le rajm ?Iblīs n'est pas mort de son bannissement. La question est : a-t-il inspiré aux humains de s'infliger les uns aux autres ce qu'Allaah lui a infligé à lui — mais en version mortelle, en version définitive, en version que les victimes ne survivent pas ?Attribuer à Allaah une peine qu'Il n'a pas prescrite. Faire croire que tuer est une obéissance à Allaah, là où Allaah n'a prescrit que des coups préservant la vie.Le Coran dit d'Iblīs (59:16) qu'il pousse l'humain à l'acte, puis s'en dissocie.Celui qui a lapidé au nom d'une prescription qu'Allaah n'a jamais faite a-t-il servi Allaah — ou a-t-il servi celui qui lui a soufflé cette prescription ?C'est une question que le texte nous autorise à poser. C'est au lecteur d'y répondre.
Sūra 36 · Yāsīn · v. 60–61 — La mise en garde d'Allaahأَلَمْ أَعْهَدْ إِلَيْكُمْ يَٰبَنِىٓ ءَادَمَ أَن لَّا تَعْبُدُوا۟ ٱلشَّيْطَٰنَ ۖ إِنَّهُۥ لَكُمْ عَدُوٌّۭ مُّبِينٌۭ وَأَنِ ٱعْبُدُونِى ۚ هَٰذَا صِرَٰطٌۭ مُّسْتَقِيمٌۭA-lam aʿhad ilaykum yā banī Ādam an lā taʿbudū sh-Shayṭāna — inna-hū lakum ʿaduwwun mubīn — wa-ani ʿbudūnī — hādhā ṣirāṭun mustaqīm.« Ne vous avais-Je pas intimé, ô fils d'Ādam, de ne pas adorer Shayṭān — car il est pour vous un ennemi déclaré ? Et de M'adorer — voilà la voie droite. »Taʿbudū — adorer, obéir, se soumettre. Suivre une loi attribuée faussement à Allaah mais soufflée par Iblīs entre dans le registre sémantique de l'ʿibāda de Shayṭān.
Sūra 2 · Al-Baqara · v. 169 — Le sommet du programme d'Iblīsإِنَّمَا يَأْمُرُكُم بِٱلسُّوٓءِ وَٱلْفَحْشَآءِ وَأَن تَقُولُوا۟ عَلَى ٱللَّهِ مَا لَا تَعْلَمُونَInnamā yaʾmurukum bi-s-sūʾi wa-l-faḥshāʾi wa-an taqūlū ʿalā Llāhi mā lā taʿlamūn.« Il ne vous ordonne que le mal et l'acte indécent — et de dire sur Allaah ce que vous ne savez pas. » (wa-an taqūlū ʿalā Llāhi mā lā taʿlamūn)Le Coran nomme lui-même le mécanisme central du projet d'Iblīs : faire dire aux humains sur Allaah ce qu'Il n'a pas dit. Attribuer à Allaah ce qui ne vient pas de Lui.